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 La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.

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Andreas C. Goround
MessageSujet: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Mer 3 Déc - 2:10

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Combien de temps s'était il écoulé depuis que le soleil c'était couché ? Personne ne le savait. Personne n'avait l'idée saugrenue de compter les minutes et les secondes. Personne n'y pensait pour la bonne et simple raison que cela ne servait à rien si ce n'était à faire passer le temps d'une manière insensée. Bien des choses ne tournaient pas ronds au pays des Merveilles, un nombre incommensurable de choses n'avaient pas le moindre sens, mais  ce qui paraissait bien le plus incongru c'était de se promener avec une montre et d'en regarder les aiguilles se balader d'une façon bien aléatoire sous leur cadran de verre. Il n'y avait jamais eu que le Lapin Blanc pour regarder obstinément sa montre, il n'y avait jamais eut que lui pour avoir l'air d'en comprendre le sens alors qu'il hurlait à tue tête qu'il était en retard sans que que personne ne sache jamais où il était attendu.

Ainsi, la notion du temps qui s'écoulait paraissait obscure. Aussi obscure que l'était cette nuit qui durait depuis plus longtemps qu'à l'accoutumée. Les ténèbres avaient lentement mais sûrement grignoté  la moindre parcelle de ciel azuré du royaume de cœur puis avait fait naître dans les cœurs de certains des peurs intestines issus de certains monstres d'enfances, et pour d'autres le sommeil avait tout simplement fuit. Le Forain faisaient partis de la seconde catégorie. Il avait tenté de faire passer le temps à force de lecture, s'était efforcé de suivre la course des étoiles dans le ciel d'encre, il avait caressé l'idée de jouer de son beau violon mais le respect qu'il avait pour les rares habitants du parc restant l'en avait dissuadé.

Dès lors, après cet abandon, l'ennui avait commencé à s'installer, et lui s'était efforcé de ne pas en mourir. Dans l'obscurité, baigné par la lumière rieuse de la nuit, il s'efforçait de se frayer un chemin au travers de ce labyrinthe dont il connaissaient tous les secrets. Il ne croisait sur son chemin pas âme qui vivent, et les quelques lueurs du parc faiblissaient d'avantage à chaque fois qu'une minute s'écoulait. Heureusement, il restait toujours la lumière opaline de la lune qui se reflétait sur le lac, et offrait assez de lumière pour que l'homme puisse se déplacer au travers de la nuit sans trop souffrir de la noirceur des lieux.

Suivant son instinct bien plus qu'une route, s’enivrant des parfums nocturnes qui emmenaient de la douceur du temps. Il se plaisait à tenter de deviner dans quelle direction il s'en allait, bien sûr il n'y avait que trop peu de difficulté à le deviner. Du nord emmenait un parfum sucré de pomme d'amour et de Barba-papa, du sud le vent apporté l'odeur herbacée du thé, et de l'ouest s’enfuyait les fragrances doucereuse des roses. Seule la tour de l'horloge n'avait pas la moindre odeur, la neutralité résidait aussi dans ce fait là. Au nez du forain ce fut le parfum des théiers du chapelier qui vint.

La révélation aurait ainsi dû lui faire rebrousser chemin, mais au lieu de cela, il avait continué sa course. Le pas lent, emprunt d'un sentiment d'étrange gaieté. Cela faisait déjà quelque temps qu'il n'avait plus osé dépassé les barrières de sa propre propriété pour venir profaner les terres de la belle Chapelière. Bien sûr, il était dans leur nature de se détester, mais il fallait avouer que leur passé commun rendait les choses parfois un peu trop compliquées pour qu'il arrive à s'y confronter. Dès lors, il préférait se terrer dans sa demeure, et il se noyait dans le travail qui n'était pourtant pas légion. Seulement cette nuit là, sous le couvert de l'obscurité, il s'enthousiasmait à l'idée de prendre le rôle de l'espion sans avoir pour autant de mauvaises intentions.

Il passait entre les buissons, s'égratignait le visage dans une certaine précipitation qu'il avait bien du mal à maîtrisé, frissonnait d'une excitation mal contenue, et posait encore le pied dans les jardins parfumés de celle qui avait le temps d'un instant porté son nom. Un pas. Deux pas. Une petite dizaine. Et dans le ciel disparaissait les étoiles à mesure que la nuit s'effaçait pour mieux éveiller une nature que trop endormie. Les oiseaux dans le ciel rougie se mettaient à chanter quand ils ne gazouillaient pas leur bonheur d'avoir enfin retrouvé le soleil.

Andreas, quant à lui, se disait avec une naïveté teintée d'ironie qu'il s'agissait au moins de l'acceptation de la volonté du Royaume de Cœur. Que pour une fois, le temps d'un instant il autorisait un royaume à déposé la hache de guerre face à un autre. Ce n'était pas une preuve de soumission ou encore de faiblesse, tout cela était mu d'une envie irrépressible de la revoir, juste un peu. Juste assez pour faire taire les sentiments malheureux qui lui étreignaient le cœur. A peine assez pour qu'il puisse gagner quelques instants sur la course du temps.

Il passait l'arche fleurie qui menait au domaine, inspirait le parfum des chèvrefeuilles qui s'enroulaient autour des arches et étreignaient les buissons. Il avait l'impression de connaître le chemin par cœur alors qu'il ne s'invitait que trop rarement sur ses lieux pourtant à des égards bien plus enchanteurs que le parc d'attraction. Il foulait du pied les dalles qui menait au jardin, se perdait dans la contemplation de quelques parterres de fleurs, et terminait sa course en s'asseyant sur une chaise de fer forgé. Là, il l'attendrait silencieusement. Patiemment.

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Vivaldi Darjeeling
MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Mer 3 Déc - 17:19

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A cup of tea?


Elle ouvre les yeux encore plongée dans les profondeurs brumeuses de son rêve. Il était là, comme toutes les nuits, sagement en train de la regarder se préparer son thé du matin. Pas un mots n'étaient échangés, seuls ses yeux restaient fixées sur elle la marquant de son empreinte au fer rouge.
Son regard perçant, elle n'arrive pas à l'oublier. Depuis ce jour à l'église juste après avoir échangés leur premier et dernier baiser, ce jour où elle a croisé son regard sombre et impénétrable. Il hante ses nuits. Ca la rend folle de rage à son égard. Pourquoi un homme tel que lui hanterait-il ses nuits? Elle jette au loin les couvertures, la main rageuse et le cœur palpitant des émotions éprouvées l'instant d'avant. Elle ne comprends pas comment se débarrasser de ces émotions qu'elle ressent pour lui. Il l'attire, elle veut en savoir plus sur lui et ne plus jamais en entendre parler. Elle veut le regarder dormir et le voir boire ne tasse empoisonnée.

Vivaldi se tient la tête les deux mains sur son visage, les émotions qu'elle ressent sont si différentes qu'elle ne sait pas comment les gérer. Elle se lève, une tasse de thé fera l'affaire.

Le matin est un rituel particulier pour la chapelière, repousser les couvertures, ouvrir sa fenêtre pour laisser les dernières particules du sommeil s'enfuir face à la douceur matinale. Attraper sa chemise en satin blanc pour se couvrir que la nécessaire et laisser son corps profiter de la température de cette nouvelle journée qui commence. Ici, elle ne sait jamais combien de temps durera ce jour, le temps s'écoule aléatoirement dans ce monde. Vivaldi n'aime pas savoir combien de temps elle pourra profiter du soleil matinal. Elle aime particulièrement le moment où la faune et la flore s'éveille sous ses yeux.

Après avoir quitté sa chambre, la chapelière se dirige vers la salle des tasses, cette salle où trône sa collection en porcelaine. C'est l'occasion de choisir une nouvelle tasse et de voir si le goût du thé est sublimé par sa forme délicate ou non. Chaque tasse est différente. Il en est de même pour le goût du thé qu'elle contient.
Aujourd'hui, la chapelière choisit une tasse uniquement décoré par un liserait vert menthe sur le bord de la tasse et sur la hanse. En arrivant dans le salon, elle voit que son Loir n'a pas eu la force d'aller jusqu'à sa chambre pour profiter de sa nuit, se laissant choir sur le canapé en bois d'if. Elle s'approche délicatement pour lui remettre sa couverture sur elle. L'affection se lit dans ses yeux. Son pauvre Loir, toujours obligée de courir porter les messages de sa chapelière. Elle mérite un sommeil réparateur.

La théière chaude à la main elle sort en direction du belvédère, s'avance tranquillement dans l'air frais du matin. Sa chemise de satin volète autour de son corps, les perles de rosées encore accrochées aux herbes mordilles les cheville de la chapelière. Puis les perles s'étalent amoureusement sur ses pieds pendant que Vivaldi s'arrête de marcher.

Andreas est assis tranquillement à sa table. Son regard posé sur elle. Et elle souris, elle souris avant d'avoir eu le bon sens de cacher toute la réjouissance que sa présence éveillait en elle. Elle force son visage à se refermer, et ses yeux à devenir neutre. Elle hausse un sourcil et s'approche la démarche féline, dangereuse. Cet homme la fixe chaque nuit depuis qu'elle est devenue une figure, aujourd'hui c'est à lui d'être dévisagé. Elle apprécie tellement le spectacle du forain assis à sa table, dans son domaine, diablement sexy et sagement en train de l'attendre.

Posant la théière et sa tasse, elle lui demande finalement: Merry? Te joindrais-tu à moi pour une tasse de thé?


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Andreas C. Goround
MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Ven 5 Déc - 11:32

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Il y avait un coté enchanteur en ces lieux, quelque chose, une toute petite chose en plus de tout ce qui se trouvait déjà au parc d'Attraction. Un éclat de mystère, et de danger que sa bravade avait allumé au creux de ses prunelles émeraudes, comme une flamme soudainement allumée au fond de son regard alors qu'il attendait avec une patience angélique l'arrivée de sa chère et tendre dont il taisait le nom. Ce même nom qu'ils ne partageaient pas. Assurément l'idée de la voir abandonner le nom qu'il lui avait donné au travers de leur union matrimoniale avait fortement déplu au Forain, mais le temps avait fait en sorte qu'il s'en soucie de moins en moins. Bien sûr, il n'avait pas oublié, il en était de toute façon incapable, tout comme il était incapable de faire autrement.

Alors qu'il pensait à tout cela, que s'installait une certaine mélancolie issu d'un passé qu'il n'avait de toute façon pas vécu tant il avait été de courte durée, son visage d'ordinaire impassible se recouvrait d'un voir pensif, presque doucereux. Il imaginait sans trop de peine à ce qu'aurait pu être leur vie si ils n'avaient pas été emporté dans les tourments du Royaume de cœur, il se disait qu'ils auraient au moins pu vivre heureux. Juste quelques temps avant de disparaître, juste un instant qui l'aurait comblé d'un bonheur qu’aujourd’hui il ne pouvait pas même entrevoir. Il regrettait. Il regrettait à tous les niveaux cette existence de Forain. Il y avait bien plus perdu qu'il n'y avait gagné surtout depuis qu'il se devait de régner sur un royaume fait de brique et de broques proche du désert de vie.

Un rire lointain. Deux éclats de rires qui s'esclaffaient dans le lointain alors que s'extirpaient de la lisière de la foret deux adolescents couverts de boue des pieds à la tête le firent sortir dans l'immédiat de ses pensées bien imaginaires. Il se sentait désormais confus d'avoir succombé à de telle pensées, et n'arrivait à se défaire de cette image de bonheur loupé qui lui étreignait la poitrine à l'en étouffer. Il détournait le regard, trouvait à occuper ses mains en jouant du bout des doigts avec la corolle d'une fleur qui s'était décrochée de sa branche pour venir mourir sur la table.

Elle était blanche. Aussi blanche que le voile diaphane qui vint accaparer son attention. Aussi blanche que la peau caressée par les mousselines vaporeuses de ce gilet qu'elle avait négligemment jetée sur ses épaules. Sous le charme de cette apparition enchanteresse il n'arrivait à en décrocher son regard, et il s'en aurait fallu de peu pour qu'il s'empourpre puis se mette à bégayer. Il n'en fut pas moins malaisé de le faire sortir de cet état proche de la catatonie, et il se mordait la langue pour ne pas avoir l'air d'un benêt obnubilé par un carré de peau dévoilé. La réaction fut immédiate. La douleur fulgurante alors qu'un goût de fer se déversait dans sa bouche lui laissant entrevoir ce qu'il savait déjà : cette femme le rendait fou. Assez fou pour qu'il soit capable de se blesser volontairement, assez fou pour vouloir lui résister.

Néanmoins, à la vu de ce sourire plein d'une gaieté non feinte, il sentit toutes les réserves qu'il avait, et plus encore toutes les murailles qu'il avait érigé autour de lui se fissurer pour mieux menacer de s'écrouler. Diable qu'elle était belle. Dieu qu'il aurait heureux de poser sa main sur elle, de lui administrer la caresse aimante et le baiser ardent de l'amant contrarié. Touché au cœur. L'âme troublé. Il préférait détourner le regard pour mieux fixer la pointe d'un sapin lointain le temps d'oublier ce qu'il ne pourrait pourtant jamais vraiment effacer de sa mémoire. Il évite soigneusement de se laisser prendre au piège de la soudaine proximité, ne lui renvoi pas même son regard alors que le tintement de la porcelaine se fait entendre tout comme le son cristallin de sa voix.

« Merry? Te joindrais-tu à moi pour une tasse de thé? », il n'aime pas ce surnom, et il apprécie encore moins qu'elle en soit l'instigatrice. Néanmoins, se laissant prendre au piège des convenances il tourne vers elle un regard qui se veut aussi poli que dénué de ces sentiments qui le ronge. « Allons Vivaldi, tu sais très bien que je ne bois pas de thé, et que je ne saurais en boire tant cela m’écœure. ». Il taisait avec soin que ce n'était pas tant le goût de ce curieux breuvage qu'il détestait tant que la façon dont elle elle l'aimait, il se sentait toujours ridiculement insignifiant face à toute l'attention qu'elle pouvait offrir à ses théiers, et il imaginait bien que sa présence ne lui ferait jamais autant de bien que la chaleur qui émanait encore une fois d'une simple tasse de thé.

Il soupirait. Il prenait petit à petit la mesure de sa bêtise, se rendant compte qu'il avait encore une fois fait l'erreur de suivre cette profonde sentimentalité qui l'ébranlée à chaque fois. Il se sentait fondre. Mourir un peu plus à chaque seconde. Plus humains que jamais il souhaitait ne plus jamais se sentir humain. Il n'y avait pas de cœur dans sa poitrine, mais la douleur qu'il ressentait à chaque fois qu'il posait son regard de sombres émeraudes sur elle lui semblait être semblable à milles épines que l'on plantant sans vergogne dans l'organe palpitant et fantôme qui aurait dû y avoir sa place. « Je me promenais. Malheureusement le jour aura trop vite pris la place de la nuit, et je me trouvais être ici quand mon escapade fut surprise. », il déposait dans un geste presque saccadé la fleur sur le bord de la coupelle qui supportait la tasse de son ancienne épousée. « J'avais, ma foi, sous le couvert de la nuit d'autres projets que le jour à contrarié. », et il planté son regard dans le sien, comme s'il avait souhaité lui faire parvenir la myriade d'images qu'il avait dans la tête et dont chacune était proportionnelle à cette envie qu'il avait de la faire sienne.

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Vivaldi Darjeeling
MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Lun 8 Déc - 11:05

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A cup of tea?


Elle peut voir comme ce surnom le hérisse et connait parfaitement les goûts d'Andreas en matière de thé. Elle était blessée par son attitude indifférente et presque hautaine. Elle avait eu une réaction née de sentiments les plus enfouis et les plus secrets de son corps tout en entier, son sourire était apparu fugitivement sur ses lèvres alors qu'il avait simplement détourné le regard pour observer les conifères environnant.

Cet homme n'a aucun intérêt pour elle, alors il mérite ce surnom ridicule qu'elle lui attribue le peu de fois où leurs chemins se croisent. Vivaldi se sent puissante et aimée sur son territoire, tout n'est que douceur et délicatesse, du moins lorsque les jumeaux sont en train de jouer ailleurs, mais elle aime cet environnement dont elle maîtrise le cours.

Lui proposer du thé la détend légèrement, elle est en terrain connu, elle sait qu'il ne sait pas apprécier les saveurs tantôt doucereuse tantôt amères des feuilles de thés préparées avec soin. Le voilà qui la regarde finalement avec cet air parfaitement neutre qu'elle lui déteste. Comment peut-il être si froid alors qu'elle est au bord de l'explosion, prête à laisser son sang rougir son visage de colère et à rendre ses mains moites d'envie de toucher cet homme.
« Allons Vivaldi, tu sais très bien que je ne bois pas de thé, et que je ne saurais en boire tant cela m’écœure. » Elle fronce les sourcils, pourquoi se donnait-il la peine de lui parler de cette manière. Elle n'était plus cette jeune femme apeurée qu'il avait rencontré il y a de ça un an.
« Ne me parle pas comme à une enfant. » Elle réagit et réponds instinctivement, elle n'en ressemble que plus à une enfant capricieuse. Elle pourtant si réfléchis lorsqu'elle parle avec son loir ou les jumeaux. Elle se sent si faible et se ridicule en face de lui.

Il soupire. Cela l'exaspère hautement de voir qu'il vient s'installer à sa table pour une raison inconnue et malgré une invitation à partager son thé parfaitement polie, il soupire. Il est ennuyé. Les réactions de Merry sont toujours de parfaites nouveautés pour elle. Toujours surprise, toujours prise au dépourvue, toujours en train de passer pour une empotée enfantine. Elle le déteste autant qu'elle le désir. Cette situation la fatigue bien trop, elle s'assoit simplement le visage boudeur. Le liquide chaude emplissant sa tasse la ramène à la réalité, ce liquide est une promesse de douceur et de bien être à sa portée.

« Je me promenais. Malheureusement le jour aura trop vite pris la place de la nuit, et je me trouvais être ici quand mon escapade fut surprise. » Pendant sa tirade, dites avec une voix doucereuse et un vocabulaire toujours de scène, il dépose la fleur qu'il avait à la main et qu'il caressait de ses longs doigts dans son assiette, puis il lève les yeux. Son regard est happé par la profondeur de son regard. Elle ne sait plus ce qu'elle y trouve à l'intérieur. Il se moque d'elle, lui parle avec des mots recherchés et gracieux, des mots qu'elle même n'a jamais su utiliser. « J'avais, ma foi, sous le couvert de la nuit d'autres projets que le jour à contrarié. »

Elle ne réagit pas à la première goutte de thé brûlante qui attérit sur sa cuisse, et seulement à la seconde son regard s'arrache avec presque un bruit de déchirure douloureuse, à celui d'Andreas pour baisser les yeux vers sa cuisse. La théière toujours penchée vers la tasse, elle déverse à présent le précieux liquide dans une tasse trop pleine puis directement dans l'assiette qui à présente laisse s'échapper de fines gouttes qui s'abattent sur sa cuisse et son voile de satin clair. Le temps semble ralentir. Elle peut observer la troisième puis la quatrième goutte venir agrandir la tâche sur son vêtement. Elle pose délicatement sa théière et laisse le liquide lui brûler la peau. La douleur cuisante de chaque goutte l'aide à se raccrocher à la réalité. Elle retrouve son calme, toute son attention rivée vers ses gouttes de thé glissant le long de sa cuisse pour terminer leur course sur le bois de son belvédère noirci par le temps.

Lorsqu'elle lève les yeux pour rencontrer le regard de Merry, sa déclaration lui revient en tête avec fracas. Cet homme s'ennuyait tellement qu'il avait décidé de venir dans son domaine pour y accomplir elle ne sait quel méfait et ainsi tromper la lassitude de sa balade. Comment osait-il lui expliquer cela aussi innocemment?

Ses yeux s'ouvrent d'effroi, où sont les jumeaux? Avait-il l'intention de leur faire du mal? Elle avait bien vu son loir dormir toute à l'heure mais de quoi était-il capable pour passer le temps? Finalement, elle se calme et se dit qu'il avait certainement l'intention de fouiner dans sa pépinière sachant pertinemment qu'elle serait ennuyée qu'un intrus y entre.
"Merry, laisse ma pépinière en dehors de tes activités nocturnes. A cause de toi j'ai salie ma tunique et j'ai gâché du thé. La moindre des choses serait d'accepter une tasse n'est ce pas?"

Son regard trahis ses pensées, elle est perdue, perdue dans les sentiments contradictoires qu'il éveille en elle. Et si il pouvait accepter une tasse, ça serait l'occasion pour elle de fuir et tenter de remettre de l'ordre dans ses pensées. Son loir allait être mécontente à la vu des marques rouges vives sur sa cuisse, mais grâce à elles et à la souffrance que cela avait généré, elle avait pu garder son sang froid. Elle en payait certes le prix mais pour une fois elle ne lui avait ni crié dessus, ni jeté d'objets à la figure et son précieux loir pourrait comprendre ça.


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Andreas C. Goround
MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Mar 9 Déc - 10:29

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Elle était là. Plus belle que jamais. Plus vaporeuse dans sa mousseline blanche. Elle le fascinait autant par sa beauté que que par son apparente candeur qui le surprenait d'avantage à chaque fois. Et bien plus que femme fatale, elle lui était fatale. Il se sentait à chaque fois un peu plus que perdu en sa compagnie, perdu en sein de son propre esprit, égaré dans ce désir qui le submergeait. Il s'accrochait à chaque fois à cette si dérangeante convention, ils n'étaient désormais plus faits pour s'entendre mais bel et bien pour être ennemi. C'était une vérité conventionnelle, à laquelle tout le monde avait adhéré si bien qu'il lui semblait que plus personne, si ce n'était lui, ne savait pour ce mariage qui l'unissait à la chapelière. Dans un sens c'était peut être mieux, il n'y avait jamais personne pour lui refaire penser à cela, jamais personne pour lui en faire le reproche, jamais personne si ce n'était lui-même et l'idée lancinante, insistante, qu'il aurait mieux valu pour lui disparaître pour la laisser en paix.

C'était un triste constat. Horrible même, au sens qu'il aurait souhaité ne plus exister plutôt que de devoir se satisfaire de ces éphémères rencontres qui le brisaient toujours d'avantage. Pourtant, au fond de lui, il savait qu'il en avait besoin, que sans la voir il se serait fané comme une pauvre fleur sans soleil. Elle était, aussi saugrenu que cela puisse paraître, le soleil de sa vie. Évidemment, cela faisait aussi parti des choses qu'il s'interdisait de lui dire, non par parce qu'il les trouvait vilaines ou inavouables, mais tout simplement parce qu'il craignait que la réciproque n'existe pas. C'était une des rares preuves de couardise qu'il s'autorisait, et comme pour se protéger d'avantage il les recouvrait de cette apparente froideur, déguisement fort désagréable dont il avait apprit à se parer pour s'éviter les désagréments de sa personnalité parfois un peu trop fragile.

Néanmoins, comment pouvait-il ne pas se laisser sa propre sentimentalité l'envahir alors qu'il l'observait déverser sur elle le thé brûlant qui débordait de sa tasse ? Elle le regardait ainsi avec son regard plein de reproches, l'accusant de maux dont il n'avait pas même eu la pensée, mais il ne s'en offusquait pas car déjà ses pensées avaient été entraînée sur d'autres chemins. Désormais debout, bien plus grand qu'elle, il avait fait le tour de la table sans se donner la peine de réfléchir à cet acte dont elle aurait pu s'offusquer. « Je n'aime pas vraiment le thé. », avait-il rajouté alors qu'il posait genoux à terre si proche d'elle qu'il pouvait désormais sentir son parfum qui l’envoûtait. Féminin. Frais. Extasiant. Parfait. « Je ne l'aime pas quand il blesse ce à quoi je tiens. », avait-il murmuré pour lui, songeur.

Durant un instant, le regard perdu dans le vague de sa proximité enchanteresse, il avait tricoté avec ses doigts, hésitant entre la laisser ainsi ou apposer sur elle ses mains. «Stupide ! », avait-il alors lâché, autant pour elle que pour lui. Elle était stupide de se laisser volontairement brûler, et lui l'était tout autant face à cette situation qui ne le mettait à l'évidence pas du tout à l'aise. « Tu devrais faire plus attention. », avait-il susurré avec une tendresse mal mesurée, soudainement radoucit alors qu'il se laissait aller aux délices d'une caresse. Il osait, sans vraiment y réfléchir comme hypnotisé, suivre les contours de sa brûlure du bout de son index. Il se faisait doux, plus doux que le caractère de l'homme aurait put le laisser penser. Plus aimant que jamais.

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MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Mar 9 Déc - 18:13

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Il ne dit pas un mot face à ses reproches, ne réagit pas à sa mine boudeuse. Pourtant son silence n'est pas pesant. Il la regarde et son corps à elle réagit. Elle ne sent même plus l'air frais qui lui caresse la peau. C'est peut-être à cause de ce regard qu'elle oublie que son précieux liquide empli bien largement sa tasse pour finir sa course sur sa cuisse.

Complètement hypnotisée par son regard, happée par la puissance et la profondeur de ses prunelles. Elle ne sursaute même pas lorsque le forain se lève. Il n'a pas lâché son regard. Elle est prisonnière, enchaînée corps et âme à cet homme. Lui seul peut la libérer de cette étrange emprise. Vivaldi reprend son souffle à l'instant où il se penche à côté d'elle en lâchant du même mouvement ses yeux. Sans un mot elle le regarde s'accroupir tout près, trop près d'elle. Elle suffoque, pourquoi cet homme tient-il les rennes de sa respiration? Elle peut sentir la chaleur qu'il dégage et ressent une profonde et inavouable envie de se rouler dans sa chaleur tel un chaton dans la fourrure de sa mère. Même l'idée de ronronner de réconfort l'effleure et elle ne peut rien contre ses pensées qui envahissent sa tête et les images qui lui masquent l'instant présent.

« Je n'aime pas vraiment le thé. » Revenant brusquement à la réalité, Vivaldi comprends qu'il répond simplement à sa proposition d'il y a quelques secondes. Le temps semblait simplement s'être arrêter à son approche. Comme si ce cher destin permettait à la chapelière de voir, de sentir, de comprendre toute l'intensité de ce qu'elle ressentait pour le forain. Peut-être aussi pour lui montrer le temps qu'elle a gâcher à essayer de se battre contre ses sentiments, d'essayer de les effacer de son crâne. Le destin à cet instant lui montre qu'elle s'est menti. Mais son corps la trahis. Son corps réagit à la proximité de celui qui fait battre son coeur malgré tout le contrôle qu'elle souhaiterait avoir sur elle-même. Ainsi, il ne voulait vraiment pas de thé. Elle s'apprête à lui dire qu'elle n'a rien d'autre à lui offrir même si ce n'est certainement qu'un mensonge de plus. Mais le forain murmure une phrase qui arrête son élan. Qui arrête tout.
« Je ne l'aime pas quand il blesse ce à quoi je tiens. »

"Qu'est ce que tu viens de dire?" Ces paroles lui échappent, elle n'a pas le temps de chercher une autre manière de lui poser la question, son coeur s'emballe et son visage devient rouge écarlate. Elle voudrait croire qu'il ment, qu'il se joue d'elle. Mais elle ne peut pas. Son coeur semble vouloir exploser tant cette phrase l'a transporte de joie.

«Stupide ! Tu devrais faire plus attention." Le choc lui vole la voix. Ce n'est pas sa réaction presque agressive quant au thé lui brûlant la cuisse. Non, ce sont ses doigts qui tels des papillons, viennent se poser et chatouiller le cercle de la marque rouge commençant à apparaître sur la jambe de la chapelière. Il n'a pas l'air de se rendre compte de ce qu'il fait. Elle ne peut pas croire qu'il soit en train de lui mentir et de jouer. Elle a envie d'y croire. A cet instant Vivaldi veut qu'il soit sincère, qu'il soit si proche d'elle qu'il ne peut pas s’empêcher de la toucher parce qu'il tient à elle. Il lui a dit. Il doit le penser. Elle veut qu'il le pense. Il la rend folle.

Délicatement, presque craintivement elle pose sa main sur sa joue, le force à la regarder. Son regard à elle exprime milles paroles qui ne sont pas dites. De la crainte, de la joie, de l'amour, de la peur, de l'espoir. Les sourcils froncés par la bataille que le doute mène contre l'espoir, elle se penche finalement vers les lèvres sensuelles l’appelant d'un baiser.

Rassurée par la lame victorieuse que l'espoir tient dans sa main, la chapelière embrasse le forain sans aucune retenue, mettant son coeur à sa disposition, comme ce même jour il y a 1 an devant l'autel

Lorsqu'elle a découvert son visage et qu'elle a comprit qu'elle l'aimait. Et ce, bien avant de lui avoir dit oui...




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Andreas C. Goround
MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Jeu 11 Déc - 23:17

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C'était étrange comme un simple geste pouvait prendre le dessus sur tout le reste. Pour le Forain cette simple caresse sur la peau d’albâtre de la moitié de son cœur avait été hypnotisante bien que prodiguée sans de véritables arrières-pensées. Jamais il n'aurait pu pensée que cette proximité qu'il avait lui même instigué se trouverait être bouleversante, et en un clin d’œil il s'était senti chavirer d'avantage, son cœur s’écroulant dans sa poitrine sous le coup de cette émotion qui le prenait à la gorge. Il étouffait sous cet amour qu'il n'arrivait pas à juguler et qui le contrôlait des pieds à la tête. Lentement, comme soumis à une force incontrôlable alors que ses doigts caressait encore la peau de sa douce en une myriade de papillon, il la sentait se radoucir alors qu'au vu de leur relation il aurait été bien plus évident de la voir se rebeller. Aussi surprenant que cela pouvait l'être, il n'en fut rien. Absolument rien. Bien au contraire.

Pas un mot au dessus de l'autre, pas une esclandre ni une gifle qu'il aurait accepté comme la preuve ultime qu'elle lui était totalement indifférente. Il n'y eut pas non plus cet indifférent mépris qui aurait à coup sûr laissé sur Andreas la douloureuse cicatrice d'un amour à sens-unique. Non, rien de tout cela. Rien de ce qu'il aurait eut raison de craindre, de tout ce qui aurait dû arrivé au vu de la réaction pleine de joie qu'elle semblait avoir eut alors qu'on lui annonçait que leur mariage n'avait plus lieu d'être. Aucune violence dans ses gestes alors qu'à l'heure de ce jour elle était en droit de revendiquer sa liberté ainsi que le droit de lui faire payer son intrusion inopinée.

Tout cela, toute cette violence supposée, elle la rejetait en bloque pour venir apposer ses mains fraîches tout contre la peau d'Andreas. Lui bouillait de ce désir ardent qu'il avait toujours éprouvé pour elle sans pour autant vraiment l'assouvir ni en laisser entrevoir ne serait-ce qu'un centième. Elle redressait lentement le visage, et il plongeait ses yeux émeraudes dans les siens. Biche au regard velouté. Il s'y perdait, lisant presque maints sentiments qui tentaient de se faire la part belle dans cette adorable petite tête, et ses lèvres frémissantes, presque tremblantes, lui conférait une fragilité qui, à lui, lui donnait envie de la serrer dans ses bras en lui murmurant des mots doux. Assurément l'aurait il fait s'il n'avait pas été le témoin, unique, de ce que cette secousse annoncée.

Sans qu'il en eut demandé autant, elle venait presser ses lèvres contre les siennes, le surprenant plus qu'il ne fut jamais surpris au cours de toute sa vie. Une fort agréable surprise qu'il mit quelques courtes secondes à évacuer pour se laisser aller à la chaleur de se baiser qu'elle lui volait et qu'il finissait par lui offrir volontiers. Doucereux échange qui le rendait fou d'une joie trop longtemps abandonnée, et sans qu'il ne puisse vraiment avoir droit de regard sur ses gestes, sans qu'il ne puisse vraiment juguler cette passion qu'il laissait déferler au sein d'un baiser qui traversait être unique, il se relevait sans vouloir à un seul instant rompre cet idyllique échange. Les souffles s'entrecoupaient, les yeux se fermaient, et ses mains devenues soudainement malhabile, caressait les satins blancs de son déshabillé qui lui semblait être terriblement de trop. Diable qu'il aurait aimé la faire sienne à cet instant. Dieu qu'il aurait souhaité la posséder à jamais. Il ne s'y serait d'ailleurs jamais refusé s'il n'avait pas entendu la chaise de son épouse craquer sous cette assaut inattendu, et qui le contraignit à s'arracher, à contrecœur, à cet échange plus que fusionnel.

Le souffle court, les joues roses, et le cœur au bord des lèvres, il l'aurait dévoré comme un loup affamé si elle n'avait pas eut l'air si innocente. Il suffisait encore de si peu, un infime détail, et lui se ferait le plaisir de lui ravir son innocence au nom d'un amour partagé. Un seul détail : elle devait le désirer aussi ardemment que lui la désirer. Il ne voulait pas être le vil instigateur qui aurait l'air d'avoir ourdi de vilains plans, pas plus qu'il ne voulait qu'elle vienne à lui en vouloir pour tout ce qui viendrait à venir, ou ne viendrait pas. « Vivaldi... », soufflait-il d'une voix rauque, laissant en suspend tous ses mots qu'il avait sur le bout de la langue et qu'il ne s'autorisait pas à dire de vive voix. Il se mordait la lèvre inférieur, savourant encore sur le bout de sa langue le goût de ce baiser qu'il aurait aimé voir se multiplier. « Qu'allons nous faire ?! », laissait-il finalement tomber, perdu dans cette indécision qui le dévorait, perdu entre l'envie de l'avoir, de lui avouer tout ce que son cœur lourd retenait prisonnier, et ce devoir qu'il avait de toujours lui laisser sa liberté.

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MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Ven 12 Déc - 11:04

So open your eyes and see.
A cup of tea?


Le cœur au bord des lèvres. Les lèvres pressées contre le velours de celles de Merry. L'instant est presque magique. Presque irréel. Comme dans un rêve. La tête bourdonnante et l'esprit en effusion, Vivaldi se demande si finalement elle n'a pas crée de toute pièce cette scène tant elle parait parfaite.

Lorsqu'il se lève, leur baiser n'est pas interrompu, au contraire il s'intensifie et elle le sent presque prêt à en prendre plus que ce qu'elle lui donne à l'instant. Exactement ce qu'elle veut qu'il fasse tout simplement. Son souffle se réduit et ses mains deviennent curieuse de son corps à elle. Elle se perd littéralement dans ce baiser à la fois doux et inquisiteur. Même si c'est un rêve, elle ne souhaite pas que celui-ci s'arrête. Pour rien au monde elle ne voudrait qu'il s'en aille, qu'il la laisse dans cet état de fébrilité intense et passionné.

Comme s'il avait entendu ses dernières paroles, il sépare leurs lèvres enfiévrées et rougies par leur contact. Merry emporte un bout de son cœur avec ce mouvement de recul. Son cerveau a un mal fou à réfléchir de manière cohérente. D'ailleurs, elle remarque que le bourdonnement s'est intensifié. Si fort qu'elle se demande si ce n'est pas parce qu'elle n'est pas vraiment là. Et lui non plus.

En fait, elle est sûrement profondément en train de dormir dans son lit, enroulée dans ses draps comme elle veut s'enrouler dans les bras de l'homme en face d'elle.

Il la regarde comme jamais auparavant, avec envie et avec une question dans le regard. « Vivaldi...Qu'allons nous faire ?! » Et le voilà qu'il fait son gentleman maintenant, presque à lui demander la permission pour prendre possession de sa personne. Comme si le vrai Merry aurait attendu une quelconque approbation de sa part si tout cela était vrai!
Vivaldi n'en revient pas de sa propre stupidité. Cela fait des mois qu'elle rêve que le forain l'attend à sa table et la fixe de son regard sombre et fiévreux. Et voilà qu'aujourd'hui, le rêve a décidé de l'emmener plus loin.
Trop loin.
La voilà rouge, honteuse, et en colère.

Mettant son index sur sa poitrine si chaude et si tentante, elle l'éloigne un peu d'elle. Voilà, elle peut respirer. Ce regard si faible qu'elle lui attribue n'est pas réel. ce fichu Merry est un roc dur et inébranlable. Rien à voir avec celui qu'elle a en face d'elle. "Qu'as-tu mis dans mon thé MERRY? Pourquoi hantes tu mes nuits pour me torturer de la sorte? Est-ce là ton jeu nocturne favori?!"
Hors d'elle, Vivaldi lui jette à la figure toutes sa rage et ses questions inavouées et sans réponses. Celles qu'elle se pose chaque matin au réveil. "Comme si tu pouvais me répondre! Tu n'est qu'un foutu menteur! Pourquoi tu n'irais pas hanter les rêves de quelqu'un d'autre?!"

Elle se sent si bête d'avoir cru à cet instant. D'avoir cru que cela pouvait arriver. Elle sent que son cœur explose et se déverse en larmes brûlantes. La déception double la violence de son chagrin et du ruissellement sur ses joues. Rageusement elle tourne les talons bien décidée à mettre fin à cette mascarade auquelle elle aimerait tellement croire. Puis se retournant violemment elle voit bien qu'il n'a pas bougé.
Simple pantin crée pour une nuit.
Simple coquille vide qui n'a aucun sentiment à son égards.
Simple chimère parfaitement conforme à celui qu'elle aime.
Cet idiot qui ne viendrait jamais la voir simplement parce qu'il en a envie. Un rire ironique lui échappe en lui écorchant la gorge. A travers ses larmes coulant toujours se dessine un sourire moqueur. Elle se moque d'elle-même et de sa bêtise. April avait bien raison de tenter de lui faire oublier cet homme. Elle n'avait rien à attendre de lui. Sa propre douleur à cette révélation la fit d'autant plus sourire de sa faiblesse.

"Viens Merry! Je vais te montrer ma pièce secrète, celle qui cache ce secret que tu pourrais comprendre tout seul SI TU ETAIS VRAIMENT LA ESPECE DE LÂCHE!!" hurlant ses mots, elle tourne finalement les talons pour s'enfuir dans sa chambre. Entendant des pas sur ces talons.

Décidément son rêve ou plutôt son cauchemar l'accompagnera jusqu'à son réveil. Quelle ironie du sort que de voir le forain se glisser près d'elle dans les couvertures où elle déverse toutes les larmes de son corps, martelant son torse jusqu'à l'épuisement, pour finalement se calmer et s'endormir tout contre l'homme qui n'était pas vraiment là.



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Andreas C. Goround
MessageSujet: Re: La beauté d'un sentiment ne se voit pas sous la nudité de la misère des rangs.   Sam 13 Déc - 16:46

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Il tambourinait au rythme du galop de mille chevaux, frappait sans cesse tout contre sa poitrine et ne s'en faisait que plus douloureux. Une douleur qui pourtant le rendait heureux, plus heureux qu'il ne l'avait été ces derniers temps, plus heureux encore que le jour de son mariage qui s'était avéré bien trop court. Il était étrange d'ailleurs, de voir que cette femme arrivait autant à la rendre heureux qu'elle arrivait à le blesser par ses mots bien plus que par ses actes. Elle était d'une violence inouïe avec son infâme candeur, elle était plus meurtrière que jamais avec ses joues rosies et son regard attendri par ce baiser qu'ils avaient échangé. Tout cela, tous ses doutes ainsi réunis, convergeaient vers une et une seule question : Vers quoi se dirigeait-ils ? Il savait pour y avoir trop pensé que le destin qu'on leur avait conféré était peu enclin à les laisser baigner dans la douceur d'un sentiment, mais il savait aussi que tout le Royaume de cœur était en train de changer. Il était alors judicieux de sa demander s'il fallait, ou non, sauter sur cette occasion, bousculer les convenances et rétablir la vérité que tous s'évertuaient à oublier : le chapelier et le forain étaient unis. Tout cette réflexion intense, fruit des mois entiers à faire les cents pas et à force de questionnements, se concentré sur le bout de sa langue, prête à être déliée.

Pourtant elle arrivait encore à le décontenancer, elle prenait un chemin insidieux auquel il n'aurait pas pensé. Accusatrice, elle pointait son index vers lui, venait le presser tout contre son cœur qui, toujours, battait à tout rompre. Elle était là, bel et bien là, mais prise d'une folie qui n'était pas à la portée d'Andreas. Elle le surprenait à force de révélations, semblait ne pas se rendre compte de ce qu'elle lui avouait pas plus qu'elle n'offrait de crédit à cette réalité dans laquelle ils étaient pourtant bien encré. Il ouvrait de grands yeux en découvrant qu'il la hantait autant qu'elle le hantait, et tombait des nues alors qu'elle l'associait à un vulgaire mirage, rien de plus qu'une rêvasserie de trop qui mettait en péril la survie de son esprit.

A bien des égards il aurait souhaité lui dire qu'il était réel, tout autant que les sentiments qu'il avait confessé à demi-mots, tout autant que l'avait été ce baiser qui, il le concédait, avait tout d'une de ces étreintes extraites de tous ses songes, mais au lieu d’aveux il préférait garder le silence. Il se disait que désormais, tout se trouvait entre ses mains à elle, que si lui faisait l'effort de venir la rejoindre au petit matin, ce serait désormais à elle de venir le chercher. Qu'il était temps pour lui de cesser de ce faire voir, qu'il était temps de provoquer ce désir inextinguible chez elle, au creux de son ventre, au creux de ses reins. Qu'elle devrait apprendre, un peu plus encore, ce qu'était l'attente. Ce qu'était l'impatience.

Néanmoins, il se donnait encore quelques heures, à peine l'espace de quelques instants pour s’enivrer de sa présence, de sa chaleur, pour succomber à son parfum. Il ne chercherait pas à lui soutirer autre chose que sa présence, pas même l'ombre d'un baiser, puisque tout ceci n'était qu'un rêve pour elle mieux valait le laisser s'envoler vers l'indolence et la candeur. Il se contentait de la suivre quand elle le lui intimait, s'offrait un sourire presque enchanté quand elle l'insultait d'être le couard qu'il n'était pourtant pas, se grimait d'un visage imparfait à son cœur alors qu'elle s'enfuyait juchée sur ses talons. « Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis », pensait-il alors qu'il prenait sa chasse au travers de ses jardins, du hall de son manoir, grimpant des escaliers, et arrivant devant une porte jusqu'alors jamais entrevue.

Dans l'ombre, offerte à la douceur des soieries de ses draps elle s'était couchée alanguie. Sur le pas de la porte, il restait de longues secondes à peser le pour et le contre, à se demander s'il ne faisait pas une monstrueuse erreur, s'il ne valait pas mieux s'effacer maintenant, mais décidait finalement d'y pénétrer avec la ferme attention de ne lui offrir que la chaleur d'une chaste étreinte. Doucement, il s'avançait, tout aussi lentement il s'asseyait puis s'allonger sur ce lit qu'ils n'avaient jamais partagé avant de venir la prendre dans ses bras. Indocile épouse, elle se rebellait, les sanglots inondant sa chemise, ses poings martelant son torse, et pourtant jamais il ne la libéra de son étreinte. Il se doutait, quelque part, que la douleur qui découlaient de leurs sentiments non-avoués résonnaient à l'unisson.

Bientôt, entre ses bras, elle s'endormit. Des larmes perlaient encore au coin de ses yeux fauves, et lui restait là à la regarder. Il se plaisait à repousser les quelques boucles brunes qui lui barraient le visage, il la contemplait avec admiration et envie, mais revenait à chaque fois sur cette certitude : il lui fallait partir. Il lui fallait s'arracher au confort de la situation, lui laisser penser qu'elle n'avait fait que rêver si telle était son choix. Et silencieusement, il s'effaçait, ne laissait rien sur son passage qu'un léger parfum sucré de barbe à papa que les heures feraient oublier. Il avait le cœur lourd, brisé, mais à son domaine il se devait désormais de revenir sans un regard en arrière, sans pour autant pouvoir effacer la belle de ses pensées. Elle y était depuis toujours, et toujours elle y resterait.

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